Contact
















« L'urgence à dire et l'urgence à faire constituent pour Gabriel Gallardo un moteur de création. Et ça fonctionne à plein régime, alimentant poèmes et sculptures de tout ce qui se présente, y compris ce qui était voué au rebut – les pensées comme les fripes – et de ce qui est relégué dans les marges – des choses et des êtres. C'est une manière de tout accueillir, d'affirmer radicalement le réel, de dire oui à tout, surtout si c'est inattendu. Pourtant, tout commence par un refus : celui de devenir architecte après l'obtention d'un diplôme, la même année où des promotions d'ingénieur.es décidaient de rompre avec les modèles qu'on leur a enseigné pour ne plus participer à l'injustice sociale et à la destruction logique du vivant. Comme elle.eux, il décide de bifurquer. En entrant aux beaux-arts, il se pense « architecte en déconstruction », guidé par l'art et l'éthique d'un Gordon Matta-Clark dont les « anarchitectures » formulent une critique du projet moderniste à coup de masse. Ici la méthode est plus douce, même si elle implique un démantèlement anatomique et syntaxique, tandis qu'il s'agit de reconstruire sur les débris une « figure du poète responsable ». Les prototypes font place aux sculptures protocorps, peuplant le vide de figures fragmentaires, trouées, queers et souvent désirantes, qui modèrent la rencontre avec le texte dans l'espace. D'ailleurs, il y est souvent question d'une rencontre et de nouveaux possibles, en dépit de sentiments plus graves : la solitude, le deuil, l'indignation, la colère. »

Julie Portier, curatrice à la Salle de Bain, dans le cadre de l'exposition collective Superbal, Lyon, France



« À partir des restes d'une œuvre collective précédente, Gabriel Gallardo reconstruit un espace entre sculpture et architecture, sur place, dans un angle de Superbal. Avec un vocabulaire formel composé d’éléments trouvés et de fragments, il agence ce coin et équilibre son geste avec une image qui elle aussi fait appel au volume, avec ses vides et sa structure : une photographie prise depuis un cône de papier enroulé sur lui-même, dont la lecture ne se donne pas au premier regard. Dans un rapport savant, intime et queer avec la discipline de l’architecture, il apporte une grande attention au détail et à la simplicité. Sa pratique passe également par le texte, déployé dans l’espace, mis en jeu dans des constructions ou sous la forme d’éditions, dont certaines sont ici consultables à l’entrée de l’exposition. »

Xavier Julien, directeur et comissaire d'exposition, dans le cadre de l'exposition collective Superbal, Lyon, France

2026

2026

Lights on screens

2026

2025

2025

Architecture is to blame for everything









« Gabriel Gallardo est né en 1998 en région parisienne. Il vit et travaille dans le moment présent. Diplômé de L'EnsaPvs en 2022, il est sur le point de présenter son projet de Dnsep à L’Ensba Lyon. Architecte, artiste, poète, chiffonnier, il travaille avec des éléments empruntés, entre mots, field recordings et objets récupérés. Il les assemble en systèmes à la monumentalité fragile, où ces fragments trouvés, tenus par l’incertain et l’indicible, sont comme sauvés le temps d’être regardés de l’oubli et du gâchis. Il propose des espaces au sein desquels la déambulation encourage la multiplicité des lectures de relations d’équilibre et de tension, de mouvement et d’attention. Ses pièces comme ses textes sont empreints d'un souci particulier pour la façon dont le regard traverse les pages comme les espaces, pour la ligne et ce qui la dévie. Par ailleurs, il est le premier conférencier intervenant dans le cycle PhD (conférences amateurices) à être, in fact, hyper diplômé, mais il y trouve sa place de la même façon qu’émergent des desire paths : parce qu’en discutant de ses idées pour venir vous parler, il m’a dit quelque chose du genre, "la première architecture était pour les morts", et m’a présenté la climatisation comme le facteur le plus déterminant dans l’histoire de l’architecture. Voici donc, en première mondiale, sa minor history of architecture, celle de l’anecdote, de ses anecdotes, adressées à toustes celleux qui ont quelque chose à sauver du gâchis. »

Louise Cointepas-Robin, dans le cadre d'une conférence Architecture is to blame for everything donnée à l'EnsbaLyon en 2025